Ce vendredi 19 décembre, dernier jour où les élèves étaient à l’école, nous avons eu une célébration de Noël. Pour mobiliser nos élèves, quelques professeurs ont suggéré de créer une chorale et cela a emballé pas mal de nos élèves, les plus fidèles sont devenus la chorale officielle de l’Assomption et ont animé cette célébration. Ce fut un très bon moment de joie et d’intériorité, oui, une réelle présence de Celui qui vient pour nous sauver. Un professeur qui se prépare au diaconat a fait l’homélie suivante:
Ce midi, nous allons faire un geste symbolique, nous allons faire passer le petit Jésus sur un miroir. Quand ce petit Jésus arrivera entre tes mains, prends un instant. Regarde-le attentivement. Puis regarde ton reflet dans le miroir sous lui. Tu vas voir quelque chose de très simple, mais de très fort: Le visage de Jésus… collé au tien.
« Aujourd’hui vous est né un Sauveur » raconte l’évangéliste Luc dans la lecture qu’on vient d’entendre. « Aujourd’hui vous est né un Sauveur » !
Nous sommes nombreux à être rassemblés dans cette bibliothèque-chapelle de notre école pour célébrer un événement incroyable, un évènement pas croyable, un évènement pas imaginable : Dieu vient dans notre monde réel, dans notre monde concret, dans notre monde tangible. Mais il ne vient pas comme un roi puissant, ni comme un juge sévère. Non, aujourd’hui, Dieu vient comme un petit bébé, tout fragile et tout petit, couché dans une mangeoire, dans un lieu simple et pauvre.
Pourquoi Dieu a-t-il choisi de venir de cette manière ? Pourquoi une naissance dans une étable? Pourquoi un bébé, et pas un grand héros, un roi majestueux ou une star intouchable?
Parce que si Dieu avait choisi de venir avec puissance, beaucoup de personnes se seraient senties exclues : « Ce n’est pas pour moi. » Mais Dieu choisit la vulnérabilité, la simplicité, l’humilité. Il se laisse prendre dans les bras, toucher, regarder. Un bébé, on peut s’en approcher !! Une star ou un héros pas. Un bébé, on ne le fuit pas. Il nous attire, il nous invite. Il n’impose rien, il est là, tout simplement.
« Aujourd’hui vous est né un Sauveur » Écoutez bien ce détail : l’Ange annonce la naissance de Jésus d’abord aux bergers. Les bergers, ce sont des gens simples, qui n’ont rien de spécial, qui sont considérés par la société comme des « invisibles ». Et l’Ange leur dit : « Ne craignez pas ! Je vous annonce une grande joie, aujourd’hui, vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. » Ce “vous” n’est pas collectif et anonyme : il est adressé à chacun.
Oui, tu l’a bien compris. Si aujourd’hui encore nous pouvons lire « qu’aujourd’hui vous est né un Sauveur », c’est que Jésus est venu pour toi, toi, toi, toi et moi personnellement aussi.
Ce midi, nous allons faire un geste symbolique, nous allons faire passer le petit Jésus sur un miroir. Quand ce petit Jésus arrivera entre tes mains, prends un instant. Regarde-le attentivement. Puis regarde ton reflet dans le miroir sous lui. Tu vas voir quelque chose de très simple, mais de très fort: Le visage de Jésus… collé au tien.
Et ce n’est pas un hasard. C’est exactement cela, Noël ! Quand tu vois ton visage, rappelle-toi : Jésus est venu pour moi. Personnellement. Pas pour « les gens en général » ou pour « les bons chrétiens » ou pour « les meilleurs que moi ». Pour toi. Il n’y a personne d’autre dans le monde qui ait ton regard, ton histoire, tes rêves, tes blessures, tes talents. Et Jésus, en naissant dans une crèche, choisit de te rejoindre précisément tel que tu es.
Alors aujourd’hui, laisse tomber, un instant, toutes les idées fausses sur Dieu : un juge sévère, un observateur lointain, un Dieu trop occupé pour toi. Non. Le vrai Dieu, celui de Noël, est un Dieu qui se penche vers toi, qui te rejoint, qui te ressemble… pour que tu puisses lui ressembler.
Dieu n’est pas un Dieu lointain ou inaccessible. Il est un Dieu proche, un Dieu qui se fait tout petit pour que tu puisses le voir, le toucher, le rencontrer, lui parler de cœur à cœur, d’enfant à enfant, d’homme à homme.
Quand tu prendras le petit Jésus sur le miroir, laisse-le te dire au fond du cœur : « Je suis venu pour toi. Tu comptes pour moi. Je t’aime. »
Et peut-être qu’aujourd’hui, dans le silence de Noël, tu oseras lui répondre : « Seigneur, viens aussi naître en moi. »






