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Dieu n’est pas déçu de moi

décembre 4, 2025

Au début de l’Avent, sœur Bénédicte a été invitée à participer à petit-déjeuner œcuménique dans la maison présidentielle de la République de Lituanie pour parler de son expérience de l’espoir acquise au cours de plus de 30 ans de visites aux détenus. Que son témoignage soit un message et une source d’inspiration en ce début d’Avent : « Dieu n’est pas déçu de moi».

« J’ai découvert le sens de l’espérance ici, en Lituanie, et dans un lieu inattendu : la prison. Lors de mes visites aux détenus, j’ai rencontré certains que l’on pourrait qualifier de « cas désespérés ». Il est très difficile de se retrouver face à une personne dont le destin semble scellé : condamnée dès l’enfance (même parfois dès sa conception) à l’échec, à une vie « pas normale », à l’alcool, à la délinquance, etc., et à devenir un danger pour elle-même et pour la société. J’ai entendu des gardiens dire à leur sujet : « Ça ne sert à rien de perdre du temps. Il reviendra ici de toute façon. » Et c’est ce que l’on est tenté de penser, humainement parlant. Et voilà que pourtant, au fond de moi, nait le désir de continuer à dialoguer, de continuer à regarder cette personne, non pas telle qu’elle paraît, mais telle qu’elle est au plus profond d’elle-même, dans sa profondeur sans doute inaccessible au regard humain.

. Alors, je fais l’expérience de l’espérance, une espérance qui n’est pas un simple optimisme (« il finira bien par s’en sortir »), une espérance qui ne repose sur rien d’humain. Mais elle naît, et avec elle l’amour pour cette personne. J’ai compris alors pourquoi, selon le catéchisme, l’espérance est une vertu théologique. Elle doit venir directement de Dieu, car elle ne viendra pas de nous, nous ne pouvons pas nous la fabriquer. De Dieu le Créateur, qui ne fait rien de « raté » et qui espère toujours en l’homme. Nul n’est perdu pour Lui, même s’il a commis des actes terribles, même s’il est tombé dans le piège de la drogue ou de l’alcool. Dieu espère toujours en l’homme et nous invite à espérer.

Une telle espérance n’est pas un rêve d’un avenir meilleur, fondé sur l’optimisme ou l’illusion que tout finira par s’arranger. La véritable espérance embrasse la réalité et toute la vérité, aussi laide soit-elle. Mais elle voit plus loin, une autre vérité sur une personne ou une situation. Ce regard est une grâce, un don de Dieu, qu’il nous faut simplement demander.

Cette prise de conscience en a entraîné une autre. Un jour, j’ai réalisé que Dieu n’était pas déçu de moi. Cette pensée m’a surprise, car je suis moi-même souvent déçue de moi-même ! Il y a en effet en nous un juge intérieur qui trouve très vite de quoi nous accuser et nous décourager Et si nous ne supportons pas ses accusations, nous nous mettons à blâmer tout le monde. Cela facilite un peu les choses … temporairement.

Ce qui nous libère de cette voix critique et mensongère, c’est le regard de Dieu sur nous. Lorsque nous rencontrons son regard, l’espérance, la véritable espérance, naît dans le manque d’espoir et la déception. C’est cette espérance que je souhaite à chacun de nous. »

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